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    Coup de coeur des libraires

    Les Singuliers

    Hugo Boch vient de quitter Paris, il s’installe à la pension Gloanec, à Pont-Aven. Nous sommes en août 1888. Dès le lendemain de son arrivée, il envoie sa première lettre à son meilleur ami, Tobias, et un télégramme à sa cousine, Hazel, restée à Paris. Pendant un an et demi, Hugo et Hazel, et Hugo et Tobias vont s’écrire. Tous les trois sont jeunes et peintres en devenir. Ils sont aussi les seuls personnages fictifs de ce roman épistolaire. A Paris, Bruxelles et Pont-Aven, ils vont rencontrer d’autres artistes, des marchands d’art, des collectionneurs, encore inconnus ou déjà établis. A travers leurs lettres, nous découvrons en même temps qu’eux Vincent et Théo Van Gogh, Gauguin le « chef de meute », Toulouse-Lautrec, prêt à se battre en duel pour défendre une toile de Van Gogh, Emile Bernard, Meyer De Haan, Anna Boch qui achètera le seul tableau vendu par Van Gogh de son vivant…

    Chacun dans ce trio partage ses enthousiasmes, ses déconvenues, ses doutes. Hugo est en panne d’inspiration mais s’intéresse à la photographie, art naissant ; Hazel refuse de se voir cantonnée à des sujets « féminins » et interdite de concours d’entrée aux Beaux-Arts ; Tobias est aux prises avec de terribles crises de migraine qui l’empêchent de peindre. En arrière-plan une vie artistique foisonnante se déploie, à Bruxelles et Paris, avec ses salons, ses écoles, ses polémiques, l’avant-garde contre les immobilismes académiques. Le trio échange des idées de lectures : Maupassant et Flaubert sont les auteurs qui montent. Jack l’Eventreur fait la une des journaux ; le cirque de Buffalo Bill et l’Exposition universelle attirent les foules.

    La forme épistolaire ne paraît jamais artificielle, le ton est vif et souvent drôle mais écrire permet aussi à ces jeunes peintres de confronter leurs réflexions sur la création, la modernité, la place de l’artiste dans la société, le rôle dévolu aux femmes. Comment « être absolument soi-même » ? Sans jamais tomber dans un didactisme pesant, ce roman très agréable à lire nous fait découvrir ou redécouvrir l’histoire passionnante de l’avant-garde artistique à la fin du XIXe siècle.

    Véronique