£21.25

Epuisé

    Ce produit ne peut être acheté en ligne
    • Email
    • Imprimer
    • Facebook
    • Twitter
    Coup de coeur des libraires

    Marx et la poupée

    Militants communistes dans l’Iran de Khomeiny, les parents de Maryam sont contraints à la clandestinité puis à la fuite. Réfugiés politiques, ils s’installent à Paris avec leur fille. Le découpage du roman en trois parties, « première naissance », « deuxième naissance », « troisième naissance », souligne d’emblée les différentes vies de Maryam, sa double culture et ses deux langues, le français et le persan.

    Parlant de la petite fille qu’elle fut, tantôt à la première personne tantôt à la troisième personne, l’auteure raconte son enfance en Iran : pas facile d’avoir des parents militants, qui lui demanderont de donner tous ses jouets aux enfants pauvres de son quartier alors qu’« elle n’en a aucune envie »… Avec l’exil viennent le déclassement, la frustration de ne pas maîtriser la langue, la solitude.

    La langue est au cœur de ce récit, les langues plutôt. Celle qu’on adopte est-elle un outil d’intégration, d’assimilation, d’aliénation ? Iranienne en France, Française en Iran, longtemps nulle part chez elle, Maryam aura besoin de temps pour réconcilier ses deux cultures. Jamais dans l’apitoiement, elle se met en scène avec un sens aigu de l’autodérision. Dans l’un des chapitres les plus drôles, elle explique comment les vers d’Omar Kayyâm lui servent d’arme de séduction massive : « Le mec m’intéresse vaguement, je lui récite Kayyâm, juste pour voir l’effet sur lui. Boum ! Il tombe […] C’est du tout cuit… En veux-tu, en voilà. »

    De 1980 à 2014, en de constants allers-retours entre Téhéran et Paris, elle égrène ses souvenirs sans suivre l’ordre chronologique, en courts fragments, parfois poignants parfois drôles, racontant ceux qui sont morts, donnant à entendre ceux qu’on a fait taire, jusqu’à trouver l’apaisement et sa propre voix.

    Véronique