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    Coup de coeur des libraires

    Maures

    « Je prends l’ancienne route, comme lorsque j’étais enfant. » . Dès la première phrase de "Maures", passé et présent se mêlent et le récit qui suit va jouer sur différentes temporalités : écrit au présent, il raconte les étés radieux de l’enfance et de l’adolescence, au bord de la Méditerranée, sur la côte varoise. Mais il évoque aussi un présent plus sombre : le grand-père du narrateur se meurt, et c’est lui le destinataire de ce très beau texte. Sébastien Berlendis dit l’avoir d’abord écrit pour le lire à son grand-père, tombé malade. Le récit ne suit pas la chronologie, les époques s’entremêlent en courts fragments, comme les souvenirs et les rêves. Le sel qui colle à la peau, l’odeur de la pinède, le gout des pêches, les chemins brûlants, le frottement du sable, le martèlement des vagues : toutes les sensations remontent, et avec elles, les étés passés, leur insouciance, leurs rites – le bain de minuit, les feux sur la plage, les plongeons, le Tour de France à la télé… Autour de la figure centrale du grand-père gravitent d’autres fantômes du passé, grands-oncles, amis, cousin, Hollandais, et Suzanne, Bellisa, Lena, Louise. Car l’été est le temps des premières fois, avec la découverte du sentiment amoureux, « sang et cœur retournés ». La construction éclatée du livre juxtapose ainsi les corps « exultants » du passé et le corps souffrant du grand-père, mais contre la douleur et l’oubli, l’auteur dresse un rempart de mots.

    Véronique