Histoire de la violence

Auteur(s)

LOUIS EDOUARD

Editeur

SEUIL

Rayon

Littérature / Romans / Romans francophones
£23.05

Disponible sous 15 jours

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    Coup de coeur des libraires

    Histoire de la violence

    Après le succès critique et public de son premier roman En finir avec Eddy Bellegueule (300 000 exemplaires vendus et une traduction en vingt langues, plus une polémique notamment avec L’Obs portant sur le thème roman/récit, fiction/témoignage), Edouard Louis était attendu au tournant pour son deuxième livre. Il avait commencé à écrire l’histoire d’une passion, quand il lui est arrivé ce qui est finalement la matière de ce roman. Il dévoile l’essentiel dans la quatrième de couverture : dans la nuit du 24 décembre 2012, il est abordé par un jeune homme, très beau, insistant. Séduit, il le fait monter chez lui. Ils passent la nuit ensemble, Reda se raconte, parle de son père, Kabyle qui a fui l’Algérie. Et au petit matin, tout bascule : Edouard Louis est victime d’une tentative d’homicide, comme l’écrira le rapport policier, et d’un viol. Au terme d’un huis-clos de deux heures, il obtient de Reda qu’il parte.

    Pour écrire ce récit, il utilise un dispositif littéraire : un après cette nuit de décembre, il se confie à sa sœur, Clara. Et à son tour, elle raconte à voix haute à son mari (qui n’intervient jamais) ce qu’Edouard vient de lui dire. Et lui, Edouard, écoute en cachette de l’autre côté de la porte et commente, ou donne à lire son propre récit, qui diffère bien sûr de celui que fait Clara – vous suivez ? La langue de Clara, son rythme, son vocabulaire, ses métaphores, ne sont pas les mêmes que les siens bien sûr. Mais il n’y a pas de mépris dans un sens ou dans l’autre, Clara n’est pas un personnage antipathique, elle a un regard souvent juste sur son frère, elle met au jour ses travers, son amour-propre, les airs qu’il se donne, et s’en moque.

    Edouard ne reconnaît pas son histoire dans la bouche de Clara, de même qu’il ne l’a pas reconnue dans le rapport de police, et il écrit ce récit à plusieurs voix pour « dire le vrai ». Mais il ne s’agit pas seulement de raconter un fait divers dramatique : le livre se veut aussi une réflexion sur la violence que chacun porte en soi, la violence sociale à l’œuvre dans le monde, la violence de la domination économique. Il raconte aussi des sentiments universels, la peur, la honte, le sentiment d’irréalité, la mémoire.

    Comme son premier roman, celui-ci a reçu un accueil contrasté : il ne laisse pas indifférent. « Ma plus grande peur dans la vie ce serait de faire un livre qui ne dérange personne », écrit Edouard Louis.

    Véronique