Une femme au téléphone

Auteur(s)

Fives, Carole

Editeur

Gallimard

Rayon

Littérature / Romans / Romans francophones
£16.55

Disponible sous 15 jours

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    Coup de coeur des libraires

    Une femme au téléphone

    On ne saura pas si la « femme au téléphone » qui donne son titre au roman, est la mère ou la fille, celle qui parle ou celle qui écoute. Mais, comme lecteur, on se retrouve « coincé » par l’auteure dans la position de la fille, écrivaine de quarante ans, sommée d’écouter le flot de paroles maternelles déversé dans son oreille – ou dans le répondeur – sans échappatoire.

    « Je ne suis pas contente parce que, quand je t’appelle, tu ne me réponds JAMAIS. » « Allô, tu es là ? Allô, ALLÔ ? »
    Pas de chapitres dans ce court roman, mais des monologues ou plutôt des dialogues tronqués – on devine souvent les réponses et réactions de la fille – qui s’étendent sur environ deux ans, et tissent une relation mère-fille complexe et ambivalente. Ce dispositif littéraire pourrait paraître artificiel : il n’en est rien. Le lecteur est pris au piège, pris au jeu, malmené par l’auteure : Carole Fives appuie là où ça fait mal, comme Charlène, la mère.

    Manipulatrice, culpabilisante, de mauvaise foi, cynique, Charlène critique férocement ses parents, son ex-mari, ses petits-enfants, ses enfants, tout son entourage : « On ne s’est jamais autant vus depuis que j’ai mon cancer », « allez amuse-toi bien, pense à moi un peu quand même », « Et puis tu n’es pas un prix de beauté non plus, que veux-tu trouver de mieux ? » « Vous êtes complètement irresponsables ton frère et toi… des nuls, des moins-que-rien. » « Ecoute, ça t’apprendra à attendre d’avoir quarante ans pour faire un gosse. »

    Pour autant, n’allez pas croire que cette mère envahissante est une Folcoche antipathique : elle est touchante aussi, dans sa solitude, ses angoisses face à la vieillesse, à la maladie. Et drôle, quand elle raconte son inscription sur des sites de rencontre, un concert d’Arno, ou ses tentatives de tricot, tableaux, romans…

    A vrai dire, chacun retrouvera en elle un peu – ou beaucoup – de sa mère.

    Et comme le dit Charlène : « Une mère on n’en a qu’une, vous devriez en profiter… »

    Par Véronique