Troisième Personne

Auteur(s)

Valérie Mréjen

Editeur

P.O.L

Rayon

Littérature / Romans / Romans francophones
£11.80

Disponible sous 15 jours

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    Coup de coeur des libraires

    Troisième Personne

    « Le bébé est une personne », on le sait depuis le formidable documentaire de Tony Laîné et Bernard Martino, et les travaux de Françoise Dolto. Dans le récit drôle et délicat que Valérie Mréjen vient d’écrire, le bébé est la troisième personne qui donne son titre au livre, et sa naissance bouleverse le quotidien d’un couple de quadragénaires parisiens. Attendre puis avoir un enfant est une des expériences humaines les plus partagées. Mais de ce thème rebattu, l’auteure tire une œuvre singulière qui touchera au cœur chaque parent.

    La troisième personne est aussi les pronoms elle, il, ils, qui désignent dans le livre la mère, le père, l’enfant – une fille – dont on ne saura pas les noms. L’auteure ne dit pas « je » et se place ainsi à une légère distance de son sujet, en poste d’observatrice étonnée, surprise, voire sidérée.

    Le récit commence dans la chambre d’une maternité que le bébé et ses parents tout neufs vont quitter en taxi. Ce n’est pas un récit chronologique, il y aura des retours en arrière, des souvenirs d’enfance, un futur imaginé.

    Dans une suite de saynètes souvent très drôles, Valérie Mréjen décrit le quotidien des nouveaux parents qui découvrent en même temps que leur enfant le porte-bébé, les boutons-pression de la grenouillère, les peurs nocturnes, les premiers mots… Comment vivait-on avant, quand on n’était responsable que de soi-même ? Comment endosser ce rôle de mère dont elle pensait qu’il n’était pas pour elle ?

    Sans aucune mièvrerie, l’auteure dit l’émerveillement des parents devant l’enfant qui grandit, questionne, découvre. Elle raconte aussi l’énergie inépuisable d’un enfant de deux ans : le trampoline sur le lit des parents, toujours trop tôt, les jouets éparpillés partout, les premiers « non », et les parents qui « en manque permanent de sommeil… s’endorment tout habillés sur le canapé l’ordinateur sur les genoux ».

    Dans les dernières pages, magnifiques, la drôlerie cède la place à l’émotion pure.

    Un livre à offrir aux futurs parents, aux déjà parents, et même aux grands-parents.

    (Et si vous n’avez pas lu Porculus, d’Arnol Lobel, l’histoire préférée de la petite fille, courez l’acheter.)


    Par Véronique